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"Donc, j'étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l'école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n'étais pas le dernier de ma classe, c'est que j'en étais l'avant-dernier. (Champagne !) Fermé à l'arithmétique d'abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l'apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (leçons non apprises, travail non fait), je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d'ailleurs aucune activité parascolaire."

Aaaah, quel plaisir que d'entammer la lecture d'un de ses auteurs favoris ! Dans la lignée de "Comme un roman"Daniel Pennac nous livre un essai sur un thème qui lui est cher. Après la lecture, c'est donc de l'école qu'il nous parle maintenant, et plus précisément de "la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs, []de l'interaction de ces chagrins d'école".
De sa plume souple et plaisante, Pennac développe une réflexion qu'il illustre de nombreux exemples autobiographiques à la fois drôles et touchants, issus de son double passé de cancre et de professeur. Comme on pouvait s'y attendre au vu du reste de sa bibliographie, la narration est un véritable régal. A l'instar de son essai précédent, celui-ci se lit (à juste titre) comme un roman.
De l'évocation des douleureux sentiments des chagrins d'écoles, Pennac dirige sa réflexion vers le (dys)fonctionnement de l'école puis vers celui de la société de la consommation. Tout cela est pertinent et bien mené, mais malheureusement pétri de l'optimisme humaniste si caractéristique de l'auteur, conférant à l'ouvrage une touche générale de naïveté bienveillante. La réflexion en devient difficile à mettre en phase à la réalité quotidienne de l'école et de la société, ou, du moins à l'image que nous en avons.
Au final, un essai pertinent et bien écrit, mais non-transformé, du fait de ce goût de doux rêve optimiste. En attendant, un plaisir toujours autant renouvelé à lire la plume d'un de mes auteurs favoris, celui de la merveilleuse saga Malaussène.
"Chagrin d'Ecole" a obtenu le Prix Renaudot de 2007.


Note globale : 7/10

Tag(s) : #Bibliothèque, #Critiques