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Après les excellents Te Deum pour un massacre (jeu de rôle historique à l'époque des guerres de religion) et Janua Vera (recueil de nouvelles Fantasy), je viens d'achever un nouvel écrit de Jean-Philippe Jaworski : Gagner la guerre, son tout aussi excellent premier roman.

 

Les évènements se déroulent dans le Vieux Royaume, univers médiéval-fantastique initialement conçu pour servir de cadre à une campagne D&D. On y retrouve Benvenuto Gesufal, bretteur émérite à la langue bien pendue et à la moralité plus que douteuse, personnage principal de la plus longue nouvelle de Janua Vera. Devenu l'exécuteur des basses besognes de l'ambitieux podestat Leonide Ducatore, notre héros va être entrainé plus ou moins malgré lui au coeur des intrigues politiques fomentées par son patron pour s'arroger les pleins pouvoirs. Entre duels, complots et trahisons, il lui faudra déployer toute sa hargne et sa rouerie pour sortir indemne du guêpier au sein duquel il s'est fouré ...ce qui sera loin d'être une partie de plaisir !

Ce roman s'échappe agréablement des poncifs de la littérature fantastique, que l'auteur se paye le luxe d'écorner brièvement au passage. Le vocabulaire riche et maîtrisé confère une finesse d'écriture plutôt rare dans le domaine de la Fantasy. Comme dans Janua Vera, les éléments fantastiques, pourtant bien présents, s'éclipsent au profit d'une narration d'un réalisme quasi-historique.

Le Vieux Royaume est un cadre riche et cohérent et agréable, dont on a immédiatement envie d'extraire certains éléments pour les insérer dans ses propres parties de jeu de rôle. Je pense notamment à la République de Ciudala, cité-état à mi-chemin entre la Gênes de la Renaissance et la Rome de l'antiquité, qui ferait une parfaite cité Tiléenne pour Warhammer - l'objet d'un futur article peut être... Avec son lot de surprises et de scènes d'actions menées tambour-battant, l'intrigue est efficace : bien ficelée et captivante, bien que manquant peut être d'une mission ou d'un objectif plus déterminé - Benvenuto n'est qu'un homme de main, foutrement impliqué certes, mais pas le décideur des évènements.

Quoiqu'il en soit, je ne peux que recommander la lecture de ce roman de Fantasy fort plaisant, qui vaut bien son prix malheureusement un peu élevé. Et encore bravo à M.Jaworski pour la qualité continue de ses écrits !


Note globale : 9/10

 

 

Le 4ème de couverture, qui donne parfaitement le ton :

"Au bout de dix heures de combat, quand j'ai vu la flotte du Chah flamber d'un bout à l'autre de l'horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t'as encore tiré tes os d'un rude merdier. » Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d'écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé.
Je me gourais sévère.
Gagner une guerre, c'est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d'orgueil et d'ambition, le coup de grâce infligé à l'ennemi n'est qu'un amuse-gueule. C'est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l'art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c'est au sein de la famille qu'on sort les couteaux.
Et il se trouve que les couteaux, justement, c'est plutôt mon rayon...
"
 

 

 

Tag(s) : #Bibliothèque, #Vieux Royaume, #Critiques