Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Et voila, c'est arrivé. Le Grand Merdier. Paranoïa, pillages, morts. Deux ans après, la société est en cours de reconstruction. Mais laquelle ? D'un côté : la sécurité, le labeur aliénant encadré par les milices locales. De  l'autre, la liberté, dans cette multitude de gangs ultraviolents, à tandences fascisantes ou extrêmes-gauchistes.
Julius, lui, est le meneur du FAS, les Forces Armées Spinozistes. Lui et ses gars ont entammé une course contre la mort. Et ils ne s'arrèteront pas tant qu'ils n'auront pas annéantis ces chiens d'Hegeliens qui ont osé les défier.

Jean-Bernard Pouy, créateur du personnage de Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe (dont je recommande d'ailleurs chaudement l'adaptation cinématographique de Guillaume Nicloux avec Jean-Pierre Darroussin et Clotilde Courau), nous livre là une détonnante fiction post-apocalyptique aux tons de polar gaucho. Il s'agit de son 1er roman, écrit fin 70, où il nous livre une vision parodique et déjantée de mai 68. Tandis que  les groupuscules s'entre-déchirent sur fonds d'idéaux libertaires et dans la confusion générale, les plus réalistes sacrifient au conformisme de la société dirigiste qui émerge doucement.
Entre argot et références philosophiques, pas toujours facile de suivre ce roman. Surtout si l'on n'est pas capable , comme moi, de piger les boutades philosophiques et boutades sociales-communistes qui parsèment ses pages. On sent que l'auteur se fait avant tout plaisir ; le lecteur lui ne sait pas très bien où il va ni quoi en penser. Qu'importe, pour 120 pages, on peut bien se permettre une petite errance dans ce décor aussi jubilatoire que chaotique, parfait carrefour entre Mad Max et ce bon vieux jeu de rôle culte qu'est Bitume. Avis aux amateurs !

Note globale : 7/10

"Moi, Julius, Commandeur du groupe crash le plus honni par le peuple saumâtre des hégéliens, n'ai que des ennemis. Et mon pire ennemi, je lui souhaite la pire des choses. Moral car prévisible. Quand il sera au bout de mon P.38, j'appuierai sur la détente. Mes bottes de lézard mauve vont tremper dans du sang esthétique. Normal car spinoziste."

En complément, voici un petit article de JB Pouy sur sa vison de Spinoza, qui éclaire un sur le choix de cette référence et son sens métaphorique dans cette fiction. Cliquer ici.

 
Tag(s) : #Bibliothèque, #Post-Apo, #Critiques